02/03/2011

Jean-Claude Schauenberg

av. de la Gare 34
1022 Chavannes-près-Renens
voir carte

atelier schauen 1.jpg

Schauen, une peinture en double ikat
Observatrice privilégiée, je perçois dans la peinture de Schauen un monde de paradoxes : les sujets quand ils sont identifiables ne parlent que d’abstraction, et les grands formats, de prime abord abstraits, introduisent souvent des éléments identifiables. De même tout est pensé, soupesé, décortiqué, mesuré, le profil défini, la trame et la chaîne exactement sup
erposées, mais on peut aussi ne retenir qu’une vibration, un ordre improbable… La couleur elle-même ne se donne pas à première vue : elle infuse lentement à travers les noirs et les blancs.
Rouges de caroubier, de solférino ou de carthame dans le store d’Orabi, noir de raisin ou bronzé, noir de bougie ou noir pourpré, acier fondu, loutre, isabelle (sorte de céladon moyen) ou glauque clair, c’est que le support diaphane transparaît toujours… Orange ponceau, plus lumineux que l’auréoline ou le rocceline, jaune pyrèthre de Sicile, vert tamarix, pyrite ou transparent, violet livide, laque bleue, nigelle, hirondelle, bleu de prusse ou marine... terre d’ombre, havane, bistre, caput mortuum, comme si les couleurs avec leur nom incarnaient ces infinis suspendus où palpite le visible. Ce que l’on croit être dessus vient de l’envers du tableau. Schauen affectionne ce film polyester rigide et vulnérable qu’il malmène, érafle, glace d’un léger lavis, gratte, décape, gomme, peint et essuie, redessine, ose une trace et puis non, lessive encore. Traitements de fond qui laissent d’indécelables souvenirs, le goût et l’odeur en somme de ces questions existentielles qui hantent une oeuvre où le chaos domine, physique aléatoire qu’il appelle vertigo.

Isabelle Tanner 2009

www.esf.ch/schauenberg/

22:03 Publié dans 2010, 2011, dessin, peinture, schauenberg | Lien permanent | Commentaires (0) |  del.icio.us | |  Facebook