02/03/2011
Mario Masini
ch. du Châlet-Mignon
1008 Prilly
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INTERVALLE
La peinture de Mario Masini part de l’unique centre de toute chose : l’homme. Elle se présente mystérieuse et claire ; puissante mais voilée dans la série de tableaux intitulée « Intervalle »
L’artiste emploie un modèle récurrent, un personnage austère emballé d’un voile de la tête aux pieds, une sorte de momie, un être caché, pour mieux l’imaginer, pour mieux s’imaginer…Homme ou femme anonyme, interchangeable, vous et moi.
Ses individus sont abrités par des espaces ovoïdes, des sortes de niches de différentes dimensions, des cases qui les séparent de manière insurmontable. Les formes, souvent répétées, épousent leur espace d’alvéoles. Celles-ci sont tantôt habitées par un personnage, tantôt laissées vides…
…il y a cette sorte de vague dans le contenant des personnages qui donne l’espoir au contenu. Les personnages ne sont pas morts, ils sont en attente, on devine dans sa chrysalide le papillon.
La matière, souvent lourde et irrégulière, nous dirige dans les strates d’une géologie intemporelle. Le peintre se sert de différents matériaux : la gaze, le sable, la poudre de marbre, le papier et les pigments se côtoient dans un jeu de plis, de griffures et de grattages. La texture accidentée accroche la lumière et, bien sûr, notre regard.
Mario Masini représente dans ses derniers tableaux ce qu’il voit de notre société : des êtres seuls, identiques, façonnés par leur mode de vie, mais en attente de changement. Ce sont des êtres soumis à un futur programmé, stérile d’imprévus, monotone. Ils ont peur de faire. Agir et oser sont des verbes dangereux : dès qu’il y a action, il y a souvent la participation de l’autre. Or aller vers autrui est une impasse à laquelle se confrontent les personnages qui peuplent le monde de cette dernière série de tableaux de Mario Masini : ils se morfondent dans l’incommunicabilité totale. Plus encore que l’absence de communication, les niches de Masini évoquent ces loculi où nous n’attendrons plus rien.
C’est le temps de la mort, mais surtout une invitation à fuir, un appel à l’espoir.
08:19 Publié dans 2010, 2011, masini, peinture | Lien permanent | Commentaires (0) |
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