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01/03/2011

Sofi Eicher

av. de France 16
1004 Lausanne
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«La peau aime regarder sous les paupières»

Le travail récent de l’artiste lausannoise est né en 2008 «par accident» dit-elle, surgi d’un geste apparemment insignifiant qui, peu à peu, s’est transformé en un rituel de fin de journée auquel elle ne déroge désormais que rarement. Il a fallu un peu de lotion démaquillante sur une rondelle de coton, le coton posé sur les yeux et une empreinte, celle de la paupière doucement accentuée de fard et bordée par le khôl des cils épaissis.
Traces du jour écoulé, les cotons gauche et droite de chaque œil ont tissé progressivement le journal intime (j.i.) de l’artiste, dont un des mois a été reproduit dans le recueil «peaux *essai», paru en 2010. Une date, deux ronds de paupières et un court texte pour chaque journée qui passe: la démarche est sobre et le travail sur les mots aussi essentiel que l’empreinte elle-même. Sofi Eicher triture ses textes, les élague, les casse pour les recomposer. Une autre façon d’aller tout au fond de l’énoncé, de faire s’opposer le sens des mots choisis, choyés, broyés. Un passage (et un jeu) constant du dehors au dedans et inversement. Un jeu sur le Je.
Depuis 2005, l’intimité se pose en fil conducteur de son travail, traitée autant par la photographie, le dessin à l’encre de chine, les monotypes ou l’écriture. Cette intimité se traduit souvent par une approche sensorielle et tactile du sujet et une mise en scène tout en pudeur de l’artiste.
La série, le rituel, l’intérieur, l’extérieur, le toucher, la parole, la vue. Sofi Eicher recherche désormais les yeux de l’autre. Fascinée par les regards croisés, elle les provoque, s’y arrête et les interroge. Votre regard m'interpelle , dit-elle.
Les yeux baissés, légèrement maquillés par l’artiste, s’impriment toujours sur le coton. Ce relevé du regard s’accompagne d'un portrait photographique, des personnes qui se prêtent à l’exercice.

texte de Valérie Maire, journaliste, septembre 2o1o. 

http://sofieicher.hautetfort.com/

 

22:15 Publié dans 2008, 2009, 2010, 2011, eicher | Lien permanent | Commentaires (0) |  del.icio.us | |  Facebook

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